Le Dauphiné du 23 décembre publie une petite lettre de la très sarkoziste préfecture de Savoie, qui n’a pas apprécié que l’on dise au conseil municipal qu’elle avait fait tirer au flash ball sur la jeunesse chambérienne lors des manifestations lycéennes d’octobre 2010. Avec son talent de communicateur habituel, French lover a en effet tenu à rassurer la population savoyarde : « aucun tir de flash ball n’a été effectué à l’encontre des manifestants ; seuls deux tirs en l’air ont eu lieu le 14 octobre 2010 ». Oui, on a bien lu : French lover pense rassurer la population savoyarde en lui expliquant qu’il n’a pas ordonné de tirer dans le tas, mais seulement au-dessus des têtes de nos enfants !

Qu’un préfet éprouve le besoin de nous expliquer qu’il n’a ordonné que des tirs en l’air est tout bonnement incroyable, puisque la réglementation policière précise que le flash ball n’est qu’une arme de légitime défense qui ne saurait être employée pour tirer dans le tas ! En revanche, tout le monde sait bien qu’à partir du moment où il est utilisé, même dans le respect du cadre réglementaire, les accidents sont presque inévitables, une simple maladresse d’un gendarme suffisant à défigurer un adolescent. Sans doute est-ce un pur hasard, mais on ne peut que constater que cela a précisément été le cas le 14 octobre dernier à Montreuil, en Seine-Saint-Denis, dans un département qui partage avec la Savoie le triste privilège d'avoir pour préfet un proche de Sarko !

Nous le répétons donc tranquillement : il est lamentable qu’un préfet ait pu ordonner d'utiliser le flash ball pour réprimer un rassemblement d’une centaine de lycéens et lycéennes devant le lycée Monge. S’il avait voulu provoquer une insurrection de la jeunesse chambérienne, French lover ne s’y serait pas pris autrement et, de ce point de vue, la préfecture de Savoie n’a finalement récolté que ce qu’elle avait semé. C’est pourquoi, en reprenant le cri des étudiants anglais en lutte contre le triplement de leurs droits d’inscription universitaires et la répression policière, nous n’avons qu’une chose à répondre à French lover : « shame on U ! »