Mais cet hiver difficile est aussi l’occasion de mettre le doigt sur les limites de nos services publics municipaux. Il est tout d’abord scandaleux qu’à chaque épisode neigeux, les bus du STAC s’arrêtent de circuler. Si l’on peut comprendre que la municipalité de Marrakech ne souhaite pas investir dans des pneus neiges pour ses bus, il n’est pas normal que dans une ville alpine comme Chambéry, les transports publics soient totalement paralysés dès qu’il tombe 5 cm de neige. Dans les autres villes comparables, comme par exemple à Annecy, les bus disposent de pneus quatre saisons, et même s’ils ne peuvent rouler quand les chutes de neige atteignent les 30 cm, ils restent toutefois beaucoup plus fonctionnels qu’à Chambéry. Mais il est vrai que la droite annécienne a su garder ses bus en régie municipale, quand les « socialistes » chambériens les livraient à Veolia, qui préfère visiblement servir ses actionnaires qu'acheter des pneus pour nos bus.

Par ailleurs, s’il est bien normal que les services municipaux puissent peiner à faire face à un événement climatique exceptionnel, l’ampleur des difficultés rencontrées s’explique aussi par les politiques d’austérité qui ont affaibli les capacités de réponse de la ville. Si la ville de Dieppe, qui, étant située au bord de l’océan, n'est pourtant que rarement affectée par des chutes de neige, dispose de 19 engins de déneigement pour une population de 34 000 habitants et 52 km de trottoirs, la ville de Chambéry ne possède que 10 véhicules de déneigement, alors qu’elle compte 57 000 habitants et 200 km de trottoirs ! Lorsque l'on voit ces chiffres, on s'étonne moins des difficultés que nous avons rencontré, les services municipaux de la ville de Chambéry ne disposant à l'évidence pas des moyens nécessaires à l'exercice de leurs missions.

S’il a été difficile de circuler pour beaucoup d’entre nous durant les dernières épisodes neigeux, cela a souvent été impossible pour les personnes âgées ou handicapées. Pour peu qu’elles soient isolées, ces personnes ont pu se retrouver en grande difficulté pour se ravitailler ou encore pour aller recevoir les soins hospitaliers quotidiens que nécessite leur état. Dans une ville comme Dijon, les services municipaux ont mis en place un plan neige qui leur permet d’assurer le déneigement des personnes isolées en quelques heures. Si Bernadette Laclais m’a assuré, lors du dernier conseil municipal, qu’il en allait de même à Chambéry, tous ceux qui ont voulu en faire l’expérience savent qu’il n’en est rien : les services municipaux ne disposent d’aucun plan d’aide à la population et n’ont absolument pas le personnel nécessaire pour faire face à de telles situations.

Au même titre que les canicules, les vagues de froid montrent ainsi l’importance pour les populations de disposer de services publics puissants, capables de faire face à des événements difficiles, qui peuvent s’avérer dramatique pour les plus faibles. De ce point de vue, les derniers épisodes neigeux ont montré l’importance d’investir davantage dans nos services publics municipaux, qui sortent très affaiblis de plusieurs années d’austérité. Alors que la ville va bientôt voter son budget, il faut le souligner : ce ne sont pas les services municipaux qu’il faut faire maigrir, mais les profits qu’accumulent les grands groupes qui, comme Veolia, Vinci ou Suez, pillent depuis des années notre collectivité.