On est ensuite passé à Claudine Mourier, qui nous a présenté un rapport sur les modalités de réservation d'une salle associative à Chambéry. Globalement, il s'agissait d'un rapport positif qui améliore l'accès des associations aux salles : désormais, les associations n'auront par exemple plus besoin de justifier d'une année d'existence pour demander une salle à la maison des associations et ne seront plus obligées de remplir un formulaire en trois exemplaires avec un chèque de caution pour chacune de leurs réservations d'une salle de réunion. Cerise sur le gâteau : les syndicats et les partis politiques pourront aussi avoir accès aux salles, sans être obligés de monter une association bidon, comme on était jusque là tous contraints de le faire. J'ai toutefois fait remarquer à Claudine Mourier qu'on aurait pu améliorer les choses, si la municipalité avait demandé leur avis aux associations sur ce projet, mais elle m'a répondu que ce n'était pas nécessaire car "les services centraux et les élus sont proches des citoyens", ce qui est le genre de réponse qui laisse toujours sans voix...

On est passé à une sorte d'annexe à ce rapport présentée par Jean-Pierre Ruffier sur les mises à disposition de salles pour les compagnies professionnelles du spectacle vivant, afin de leur permettre de préparer leurs créations. Le texte offrait royalement à une compagnie le droit à utiliser à ses frais pendant 15 jours une salle de spectacle municipale, ce qui, étant donné qu'il y a 24 compagnies professionnelles à Chambéry, permettait à chacune d'entre elle de pouvoir compter sur deux semaines tous les quarts de siècle. Surtout, ce texte ne répondait pas aux revendications de ces compagnies, qui ne cherchent pas à ce que la municipalité leur jette quelques miettes, mais demandent, ce qui est plus intéressant, que la politique culturelle de la ville soit réellement mise sur la table, afin de procéder à un partage équitable entre tous ses acteurs.

Comme chaque année, on a abordé le rapport sur les comptes des Délégations de service public, mais comme Guy Fajeau était cette fois-ci absent, c'est Jean-Claude Trotel qui nous l'a présenté. Laissant de côté les 650 000 euros de bénéfices que Suez a ramassé sur l'usine municipale de chaleur en 2009, je suis essentiellement intervenu sur les délégations du stationnement à Vinci, qui sont d'actualité parce que la plus importante d'entre elle, qui concerne tous les parcmètres, les parkings de la falaise, des ducs et du château, ainsi que l'enclos Roissard, arrive à échéance en juin 2011. Les chiffres 2009 nous ont ainsi appris que sur la première délégation, qui concerne les parkings de l'Hôtel de Ville, du Palais de Justice et de Curial, Vinci avait dégagé un excédent brut d'exploitation de 870 000 euros, en hausse de plus de 10 % par rapport à l'an dernier, ce qui montre que décidément la crise n'est pas la même pour tout le monde ! Lorsqu'on regarde le détail, on constate que cette augmentation des profits de Vinci est en grande partie due à la baisse de ses taxes et impôts, qui sont passés de 118 000 à 76 000. La raison de cette moindre imposition est simple : Vinci n'a plus à payer la taxe sur les eaux d'exhaures, depuis que la ville et Chambéry métropole ont investi pour plus de 200 000 euros, afin que les eaux d'exhaure des parkings ne soient plus rejetées avec les eaux usées, ce qui montre que les actionnaires de ce grand groupe du CAC 40 n'ont décidément aucune raison de se plaindre de la municipalité socialiste de Chambéry.

Concernant la deuxième délégation de service public, celle qui vient donc à échéance dans 6 mois, les comptes 2009 montre qu'elle a rapporté 3,01 millions d'euros, dont 2,2 millions pour les seuls parcmètres. Vinci reverse une partie de cette somme à la ville, qui est propriétaire des parkings et des places de stationnement, mais garde 1,55 million d'euros pour sa poche, ce qui représente 51,5 % du gâteau ! Quand on sait que l'essentiel des charges est du côté de la ville, qui doit en particulier salarier la brigade de stationnement qui nous tartine quand on n'a pas bien versé nos petites pièces à Vinci, on comprend que la chambre régionale des comptes ait pu déclarer dans son dernier rapport qu'un tel partage était pour le moins inéquitable. Sachant que Vinci ne déclare, tout compris, que 780 000 euros de charges sur cette délégation, dont la réalité mériterait d'ailleurs d'être attentivement étudiée, on ne peut qu'être admiratif devant les capacités de ce type de grand groupe capitaliste à piller les collectivités, sans prendre le moindre risque et avec des investissements limités, Vinci n'ayant eu d'autres investissements que le seul achat des horodateurs.

Après le rapport corrosif de la chambre régionale des comptes, ce genre de délégation de service public est toutefois devenu indéfendable. Aussi n'a-t-on pas été surpris d'apprendre que la municipalité avait décidé de ne pas reconduire la délégation sur les parcmètres qui, à l'échéance de juin 2011, seront récupérés par la ville. Notre campagne d'information de la population sur le pillage de la ville par Vinci n'aura donc pas été vaine, mais le succès n'est encore que partiel, car après les parcmètres, il restera encore à virer ces requins des parkings de Chambéry !

A la suite de quelques rapports financiers, plutôt techniques, on est passé à ma question sur le déneigement. Pour Laclais, il n'y a pas grand-chose à dire : le déneigement s'est très bien passé et il n'y a pas besoin de matériel supplémentaire ; pour l'équipement des bus, il faut s'adresser à Chambéry métropole car cela ne concerne pas la ville ; il n'y a pas non plus de nécessité de revoir le plan neige, car toutes les personnes âgées ou handicapées qui étaient isolées ont pu trouver auprès des services municipaux ce dont elles pouvaient avoir besoin. Bref, la maire n'a pas tout à fait le même vécu que nous !

Ensuite, on est passé à mon voeu pour un moratoire sur l'utilisation du taser et du flash-ball. Laclais a contredit les propos d'Hofbauer dans la presse, en expliquant qu'il n'était pas question que la police municipale s'équipe de taser ou de flash-ball, ce qui constitue une déclaration qui, par les temps qui courent, est toujours bonne à prendre. Dantin est alors intervenu pour dire qu'il ne fallait pas mettre au vote mon voeu qu'il considérait comme trop politique à son goût : il nous a même expliqué qu'en tant que conseiller municipal il n'avait pas d'avis sur ce genre de question, ce qui montre que les Chambériens ne devraient pas élire comme député européen un benêt pareil. Au final, j'ai été le seul élu à voter pour l'instauration d'un moratoire sur l'usage du taser et du flash-ball, avant que la séance ne soit levée et qu'un rendez-vous pour un prochain conseil municipal n'ait été fixé au 31 janvier prochain.