Le budget 2009 peut se résumer en 3 chiffres : pour les investissements, c'est +38 % ; pour le fonctionnement des services, c'est -10 % et pour les personnels, c'est +0,2 %. Le gouvernement encourageant financièrement les collectivités locales à investir afin, selon le discours habituel, "de soutenir l'activité économique et l'emploi", la mairie de Chambéry aura donc choisi d'appliquer la politique gouvernementale petit doigt sur la couture du pantalon en augmentant considérablement ses investissements. Bref, on aura donc plus de chantiers, afin de "relancer l'activité des entreprises", puisque gauche comme droite sont persuadés que ce qui est bon pour les patrons est bon pour la population. Le tout, bien sûr, sans aucune contrepartie sur l'emploi ou sur les salaires.

Pour les services publics de la ville, c'est en revanche moins 10 %. Laclais m'a expliqué que je n'avais rien compris, car ce sont les services eux-mêmes qui auraient fait leur budget en prévoyant cette baisse. Cela nous aura au moins bien fait rigoler, car elle avait envoyé en novembre une lettre de cadrage aux services pour exiger qu'ils lui présentent leurs prévisions sur la base d'une telle baisse. L'important est toutefois que l'on comprenne le sens de cette rigueur sans précédent : moins 10 % pour les services, cela signifie des services publics en baisse de 10 % pour la population. Comme quoi, il n'y a décidément pas que le gouvernement qui s'attaque aux services publics.

Du côté des personnels, la situation sociale déjà très dégradée n'est pas prête de s'améliorer. Si l'on tient compte de l'inflation, un budget en hausse de 0,2 %, cela signifie une baisse en euros constant d'environ 2%. Les personnels de la ville n'ont donc pas fini de se serrer la ceinture.

Laclais, Besson et Trotel sont intervenus pour dire que leur budget était excellent, ce qui n'était guère une surprise. Guy Fajeau a pris la parole au nom des élus communistes pour dire que "le budget est bon et très équilibré", ce qui montre que le PC n'a pas fini d'avaler des couleuvres.

Du côté de l'UMP, c'est Dullin qui est monté au créneau. Il a reproché à Laclais d'avoir dit que l'Etat se désengageait (ce qui est par ailleurs tout à fait exact), mettant l'accent sur le nouveau dispositif d'aide aux investissements des collectivités locales mis en place par Sarkozy. Il a enfin trouvé qu'il n'y avait pas assez de rigueur dans la gestion budgétaire, ce qui montre clairement, pour tous ceux qui ne l'auraient pas compris, que Dullin incarne bien la politique du pire, dont tout le monde sait qu'elle n'est jamais la meilleure.

Au final, le budget a été adopté par la majorité municipale. L'UMP a voté contre et, bien sûr, nous aussi ! Pour le reste, on n'a eu que des dossiers sans grand intérêt, à l'exception du débat sur la Palestine auquel sera consacré le prochain billet.