Alors que les licenciements se multiplient et que le chômage technique ne cesse de s'étendre (70 entreprises sont concernées rien qu'en Savoie), le gouvernement multiplie les mesures pour diminuer les droits des chômeurs. Dans le cadre des "négociations" qui s'ouvriront mardi, le Medef a d'ores et déjà annoncé qu'il entendait réduire les cotisations patronales exigeant une nouvelle baisse des indemnités chômage. De fait, la mise en place du principe de l'Offre Raisonnable d'Emploi (ORE) contraint aujourd'hui les chômeurs à accepter n'importe quel type d'emploi, même avec des salaires bien inférieurs à leur qualification, à partir du moment où ils sont situés à moins d'une heure de chez eux.

En cassant les droits des chômeurs et en les contraignant à accepter des sous-emplois payés 3 francs 6 sous (contrats aidés, SMA etc.), le gouvernement et le patronat organisent un véritable retour aux conditions de travail du XIXe siècle. Juste avant de perdre le pouvoir, les sociaux-démocrates allemands ont contraint les chômeurs allemands à accepter des emplois à 1 euro de l'heure : la droite française rève d'en faire autant, afin d'augmenter les pressions à la baisse sur les salaires et de permettre ainsi aux actionnaires de maintenir un haut niveau de profit. C'est pourquoi, la défense les droits des chômeurs ne concerne pas seulement nos collègues qui se trouvent privés d'emploi : il s'agit d'abord et avant tout de défendre les salaires et les droits de l'ensemble des travailleurs face à la politique de régression sociale impulsée par le patronat.