Plus important : dans une interview donnée au Dauphiné Libéré le 1er novembre, Ruffier a affirmé qu'il y aurait un vote au conseil municipal au début de l'année 2009. Il a rajouté qu'il était personnellement favorable au carré musulman et que "cela sera à chaque élu de se prononcer en son âme et conscience", ce qui donne à penser que la majorité municipale laisserait la liberté de vote à ses membres. Bref, ce n'est pas gagné, mais on peut gagner et c'est l'essentiel.

La conclusion s'impose : c'est le moment de mettre de la pression sur les élus. Nous soutenons donc la pétition rédigée par une association d'Algériens de Savoie et nous encourageons tous ceux qui le peuvent et le veulent à se mobiliser, de la manière qui leur semblera la plus efficace. Pour gagner un combat, on n'est jamais assez nombreux.

Certains d'entre vous nous ont dit qu'ils ne se retrouvaient pas dans cette lutte, qui leur semble servir la montée en puissance des religieux. Si nous sommes de toutes les luttes contre la volonté de pouvoir des religieux, lorsque par exemple ils s'attaquent au droit des femmes à disposer de leur corps, nous considérons qu'il ne faut se tromper de combat. Un carré musulman n'est pas la charia, pas plus qu'un cimetière chrétien n'est un outil du cléricalisme : il ne constitue en effet pas un instrument de domination religieuse sur la société, mais se limite à offrir un droit individuel à être inhumé selon ses convictions.

Le problème est en fait simple : la société doit-elle refuser à un musulman qui a pratiqué sa religion toute sa vie d'être enterré selon l'orientation de son choix ? Pour notre part, nous ne voyons pas ce qui pourrait justifier un tel refus.

Plus profondément, nous plaçons ce combat sur le terrain de la lutte contre les discriminations. Nous n'acceptons en effet pas que la société française refuse à un musulman le droit d'être enterré dans sa terre, selon la culture qui est la sienne. Musulmans, chrétiens ou athées, issus d'un bord ou de l'autre de la Méditerranée, cette terre est la nôtre et nous devons pouvoir nous y faire inhumer selon les cultures ou les modalités de notre choix.