Deux ans ont passé et le Dauphiné libéré publie un article qui reconnait que toute cette agitation médiatico-policière n'aura été que du vent : l'histoire retiendra qu'il n’y aura jamais eu à Chambéry de complot terroriste, mais un simple accident provoqué par une expérience stupide que la police aura essayé de transformer en affaire politico-judiciaire. Bien évidemment, le Dauphiné libéré se garde bien de s’interroger sur les raisons qui ont pu amener la police a lancé cette opération de manipulation. Il oublie aussi d'évoquer l'attitude de la presse locale, qui aura repris et diffusé pendant des jours, sans le moindre esprit critique, les pseudo-confidences distillées par la hiérarchie policière.

Le squat des Pilos fut l’une des grandes victimes de cette affaire. Relayant les mensonges de la hiérarchie policière, le Dauphiné et la Vie nouvelle furent instrumentalisés par la police, ce qui les amena par exemple à affirmer que les victimes de l’explosion habitaient aux Pilos et que le squat servait de repère à « la mouvance autonome ». La presse locale fit ainsi le lit de la municipalité socialiste qui profita de la situation pour expulser sans vergogne les habitants des Pilos. Invoquant la menace que le squat aurait fait peser sur la ville, Laclais, Hofbauer et Chassery utilisèrent les événements pour lancer la procédure judiciaire qui aboutit, quatre mois après l’explosion de Cognin, à l’expulsion du squat.

Deux ans après ces événements, il faut que toute la lumière soit faite sur cette affaire. Il faut tout d’abord réhabiliter et indemniser les victimes, en premier lieu les jeunes qui ont passé plusieurs semaines en prison, à la hauteur du préjudice qu’ils ont subi et qu’ils continuent encore aujourd’hui à subir. Il faut aussi que les responsables du ministère de l’intérieur rendent des comptes et soient sanctionnés, car il n'est pas tolérable que la police puisse s’employer à inventer de pseudo-complots terroristes pour terroriser les populations. Enfin, il faut aussi que la municipalité fasse son mea culpa, pour avoir profité de cette manipulation policière afin de détruire un squat alternatif, qui avait à ses yeux le défaut de constituer l’un des lieux culturels les plus vivants de Chambéry.