Pendant le conseil municipal du 18 avril, après que Bernadette Laclais a mis en cause les chiffres sur l'état des personnels que j'avais avancés, je me suis engagé à en publier la source sur ce blog. Celle-ci est des plus classiques : pour connaitre l'état des personnels d'une collectivité, il n'y a en fait d'autre moyen que de se reporter à "l'état du personnel" qui est obligatoirement annexé aux comptes administratifs. Ce document est très précis et objectif, car il émane du Trésorier, autrement dit du fonctionnaire du ministère des finances qui est chargé de payer, sur mandement de la mairie, les salaires des agents municipaux. Il offre un tableau général des personnels, comptabilisant d'abord les fonctionnaires, qu'ils soient titulaires ou stagiaires, en les classant par cadre d'emploi, puis les agents contractuels et assimilés. Il donne aussi le nombre de TNC (Temps non complets) et celui des agents non rémunérés parce qu'ils sont en disponibilité, en détachement ou en congé parental.

L'état des personnels au 31 décembre 2009 montre donc que la ville employait alors 1733 agents, dont 136 étaient à temps partiel. L'état des personnels au 31 décembre 2010 permet en revanche de constater que la ville n'employait alors plus que 1690 personnes, dont 138 étaient à temps partiel. En un an, la ville a donc supprimé pas moins de 43 emplois. Par ailleurs, on remarquera que parmi les 1733 agents employés le 31 décembre 2009, il y avait 1243 fonctionnaires, dont 35 n'étaient pas rémunérés parce qu'ils étaient en disponibilité ou en détachement.  Un an plus tard, il n'y avait plus que 1217 fonctionnaires, dont 37 non rémunérés. Bilan des courses : en un an, la municipalité a supprimé pas moins de 26 postes de fonctionnaires, ce qui ne peut se faire que par le non-remplacement des postes vacants suite à une mutation ou un départ en retraite. L'état des personnels permet enfin de constater que ces suppressions ont d'abord et avant tout affecté les services techniques qui ont perdu pas moins de 17 postes en un an, ce qui amènera nécessairement la collectivité à externaliser leurs missions en se tournant vers le privé.

Ces chiffres n'ont pas plu à Bernadette Laclais, qui n'a même pas voulu les entendre, et il est vraisemblable que la grande majorité des conseillers municipaux de sa majorité ne les connaissent pas. Ce sont pourtant les chiffres officiels, qui sont garantis par l'autorité de l'Etat. Ils traduisent ce que la municipalité veut mettre sous le tapis : une politique qui subordonne l'emploi public au dégagement des crédits d'investissement nécessaires au financement des grands travaux prévus par la maire !