Le premier dossier a été l'un des plus hallucinants que nous ayons vu au conseil municipal. Il concernait l'ancienne usine Péchiney (aujourd'hui détenue par un groupe italien) qui se trouve près de la piscine découverte, au nord de l'avenue Alsace-Lorraine. Cette usine est construite sur un terrain d'un peu plus de 4 ha qui appartient à la ville. En 2003, la municipalité Besson avait concédé ce terrain aux actuels actionnaires, avec un bail de 50 ans, ce qui nous montre que le patronat, qui nous explique qu'il faut nous habituer à la précarité, aime bien de son côté bénéficier d'une certaine stabilité. Surtout, le bail offre des conditions de rêve, puisque le loyer annuel n'est que de 3,5 centimes le m2 et qu'il ne peut augmenter pendant 50 ans : les locataires de la SAIEM ou de l'OPAC, qui doivent se battre chaque année contre les augmentations de loyer, apprécieront....

La délibération expliquait que l'actuel actionnaire avait décidé de transférer ce bail à deux investisseurs immobiliers italiens, dont la délibération donnait juste les noms : Giorgio Dametto et Lino Dussin. Si vous savez qui sont ces mystérieux investisseurs, et surtout quels intérêts ils représentent, n'hésitez pas à vous manifester, car quand j'ai demandé à la maire qui sont ces gens à qui elle voulait concéder une usine de la ville, elle a été incapable de répondre, si ce n'est pour dire que ce sont les actionnaires actuels qui lui avaient donné ces noms.

Même la droite, que l'on ne peut pourtant soupçonner d'être opposée aux intérêts du patronat, est montée au créneau pour dire que c'était du n'importe quoi, que la ville ne pouvait pas transférer un tel terrain (avec l'usine qui est dessus) sans savoir à qui elle le concédait et pour quoi faire. L'UMP est intervenue pour demander à Laclais de retirer ce dossier que ni elle ni Besson ne connaissaient, mais il n'y a rien eu à faire. Malgré mon opposition et celle de la droite, la ville de Chambéry aura donc offert un terrain de plus de 4 ha situé presque en centre-ville à des conditions de rêves à deux investisseurs, sans même que nous sachions ce qu'ils vont faire de cette usine et de ses 60 emplois ! Et ce qui est particulièrement scandaleux, c'est que tous les conseillers municipaux de la majorité (PCF compris) ont voté cette délibération, sans même savoir ce qu'ils faisaient.

On est passé par la suite à la requalification de l'avenue d'Annecy. J'ai voté pour le projet, qui est certes cher (3,5 millions d'euros), mais pour une fois que la municipalité décide de faire quelque chose pour les quartiers, on n'allait pas faire la fine bouche. J'ai aussi voté pour le remplacement du groupe froid de la médiathèque, en saluant au passage l'action des salariés de la médiathèque, qui auront permis de faire avancer ce dossier.

On est ensuite passé à la délibération qui proposait de charger Hofbauer, déjà responsable de la sécurité, des questions de défense, car, disait la délibération, "il est indispensable d'assurer la connaissance et la reconnaissance par la population des actions menées par les forces armées". Je suis intervenu pour dire tout le mal que je pensais des actions menées par les troupes françaises et en particulier de la guerre qu'elles mènent depuis 2001 en Afghanistan. Puis je leur ai proposé de nommer un conseiller à la paix dans le monde plutôt qu'à la guerre, tout en leur précisant que pour la tâche de conseiller à la paix dans le monde, Hofbauer ne me semblait pas le candidat idéal. Cette réflexion n'a pas plus à Hofbauer, qui m'a expliqué que si nous pouvions parler en toute liberté au conseil municipal, c'est parce que l'armée nous protégeait. Il est à noter que la droite a profité de ce dossier pour s'indigner que la maire ne les ait pas invités lors de la dernière parade du 13e BCA : visiblement, les socialistes aiment tellement les défilés militaires qu'ils ne veulent pas partager leur plaisir avec l'UMP !

Ensuite est arrivée l'heure du Phare, qui était à l'ordre du jour du conseil, car la municipalité veut relier le Phare au parc des expos, où ils ont décidé de reconstruire entièrement le hall D. Leur projet est de disposer avec le Hall D et le Phare d'un grand espace couvert, pour faire de vastes congrès et colloques économiques. J'ai pu leur rappeler tout le mal que l'on avait dit du Phare pendant notre campagne, en soulignant qu'aujourd'hui la presse locale rejoint notre analyse : non seulement le Phare nous a coûté 41,5 millions d'euros rien que pour sa construction, mais cette salle surdimensionnée pour Chambéry va entrainer des frais de fonctionnement considérables dans les années à venir. J'ai souligné qu'après la désastreuse DSP du STAC à Veolia, l'incinérateur surdimensionné, on se retrouve maintenant avec le Phare et qu'il y a à l'évidence un vrai problème de fonctionnement à Chambéry métropole, qui a multiplié ces dernières années les erreurs de gestion. Pour notre part, nous pensons que c'est là le fruit de l'opacité et de l'absence de démocratie à Chambéry métropole : comme elle est gérée par une coalition qui va de l'UMP au PC, il n'y a pas d'opposition et l'exécutif décide seul, sans aucun contrôle. Besson n'était pas content du tout, m'a dit que je tenais des propos irresponsables et m'a assuré que les jeunes étaient très contents du Phare, sans doute parce qu'il est particulièrement bien placé pour ce qui est de la connaissance des aspirations de la jeunesse....

On est passé au gros morceaux du jour : le débat sur les orientations budgétaires pour l'année 2009. Dans une situation de baisse de ses recettes, la municipalité a décidé de préserver ses investissements et de diminuer les budgets de fonctionnement, autrement dit ceux qui servent à payer le personnel et aux dépenses sociales. J'ai lu la déclaration de Chambéry 100 % à gauche sur les orientations budgétaires. Cela ne leur a pas plus, Laclais m'expliquant que c'était là des choses qui ne sont pas "entendables", qu'on dit du mal de la municipalité et que ce n'est pas bien et patati et patata.

Puis on est passé à une délibération qui autorise Laclais à conclure des prêts sans passer par le conseil municipal. L'argument est que si l'on veut obtenir les meilleures conditions possibles, en décidant par exemple de renoncer à un prêt pour sauter sur un autre produit financier, on n'a souvent que 2 heures pour décider, afin de profiter d'une offre exceptionnelle du marché. J'ai expliqué que c'étaient des décisions très lourdes de conséquences et qu'il était important que cela se fasse sous le contrôle du conseil municipal, les événements récents nous ayant en effet montré qu'il vaut mieux faire preuve de prudence, beaucoup de maires qui avaient eux aussi sauté sur une super occaz, s'étant retrouvé avec des emprunts toxiques qui ont ruiné leur collectivité. Mais ils n'ont rien voulu savoir et Laclais peut désormais signer n'importe quoi.

On est ensuite passé à la mise en place du passeport biométrique. Laclais a dit qu'elle n'était pas contente parce que l'Etat ne donnait pas assez de moyens à la ville pour mettre en place le nouveau dispositif. Je suis intervenu pour dire que le problème était surtout que le passeport biométrique est un vrai scandale : ce sont les Etats-Unis qui l'ont imposé après le 11 septembre à tous les pays du monde, alors même que toutes les organisations de défense de droits de l'homme l'ont dénoncé, tout simplement parce qu'il s'agit de créer un grand fichier avec toutes les données biométriques de la population. Le parlement européen, pourtant de droite, a voté contre, la CNIL s'y est aussi opposé, mais les Etats européens, sous pression de l'administration Bush, ont quand même décidé de le mettre en place. Mais mon intervention n'a pas suffi à convaincre la majorité : il en faut bien plus pour émouvoir les socialistes et à partir du 1er juillet, tous les Chambériens de plus de 5 ans qui veulent un passeport devront donner les empreintes digitales de leurs deux mains pour qu'elles soient enregistrées dans un immense fichier...

On a poursuivi sur les Jeux Olympiques, Laclais qui travaille avec le maire d'Annecy, mais ne veut pas se mettre mal avec le maire PS de Grenoble, voulait faire voter une délibération qui expliquait que Chambéry soutenait les dossiers de candidature des deux villes pour les JO 2018. Nous nous sommes déjà positionnés sur cette question, en particulier à Annecy où la LCR a aussi eu un élu au conseil municipal : nous avons donc expliqué pour quelles raisons nous étions contre. Brigitte Masson, pour les Verts, a annoncé qu'elle n'était pas favorable à ce projet de JO, qui ne répondait pas aux besoins du développement durable, et qu'elle s'abstiendrait. Au final, j'ai voté contre et trois élus Verts, Pierre Béranger, Brigitte Masson et Henri Dupassieux, se sont abstenus, tandis que la quatrième élue des Verts, Nicole Guilhaudin, votait pour.

Enfin, on est passé aux voeux. On a commencé par celui de la gauche plurielle dont on vous avait donné une copie dans le précédent billet. On n'était pas d'accord avec tout, mais le texte constituait un vrai progrès : d'abord, parce que c'était la première fois que la majorité présentait un texte critique envers le gouvernement, ce qui n'a d'ailleurs pas plu à la droite ; ensuite parce qu'elle adoptait une position sur le SMA qui était bien plus correcte qu'auparavant. Alors que lors du conseil municipal du 23 juin dernier, Laclais nous avait ainsi expliqué : "je ne considère pas qu'une collectivité puisse s'abstenir, s'extraire ou ne pas appliquer un cadre réglementaire voté par la loi (sic)", le voeu disait "oui au respect de la loi, mais pas dans n'importe quelle condition", ce qui constitue un indéniable progrès. On avait donc décidé de voter pour ce texte, ce que j'ai fait.

En revanche, Laclais a demandé à la majorité de rejeter mon voeu sur le soutien aux luttes de la jeunesse. Toute la majorité a donc voté contre (PCF compris), à l'exception de Xavier Guedel qui s'est abstenu. Voila un nouveau vote qui ne grandira pas la majorité et en particulier les élus communistes, qui n'ont une nouvelle fois pas dit un mot de la soirée, se contentant de voter comme le PS le leur impose.

Pour finir, j'ai pu poser ma question au maire, par laquelle je soulignais qu'il n'était pas normal que Chambéry métropole me refuse tous les documents sur le STAC et que je n'avais pas eu de réponse à ma demande d'entrer à la commission transports de la commission d'agglo. C'est fou comme les questions au maire peuvent être efficaces : je pourrai désormais siéger à la commission transports de l'agglo et ils m'ont promis que je recevrai dans les jours qui viennent les documents que je réclame depuis 1 an. On va avoir un peu de matériaux pour vous informer et faire ainsi prendre l'air aux dossiers bien cachés dans les tiroirs de Chambéry métropole.