Ce succès de Repentin n'étonnera que ceux qui n'avaient pas flairé en lui un grand prédateur de la lutte des places. En 2004, il nous avait déjà montré ses talents en étant élu sénateur, alors que le PS n'avait pas voulu l'investir : n'hésitant à se présenter contre son parti, il était alors parvenu à se faire élire en démarchant un par un tous les maires de Savoie et en obtenant le soutien de nombreux élus de droite. Une fois élu sénateur, il s'était distingué par son combat contre la précarité, du moins contre celle qui affecte les parlementaires : estimant qu'un mandat de 9 ans était un peu trop court, il n'a en effet pas hésité à se voter une année supplémentaire, ce qui lui permettra de continuer à siester au sénat au moins jusqu'en 2014.

Gaymard en est vert de jalousie : au grand jeu du plus cumulard, Repentin est le champion incontesté des élus savoyards. La liste de ses mandats est impressionnante : il est sénateur, secrétaire de la Commission des affaires économiques du Sénat, membre d'une quinzaine de groupes internationaux, conseiller général du canton de Chambéry Nord, président du groupe socialiste du Conseil général, adjoint au maire de Sonnaz, vice-président de Chambéry métropole, président de la super communauté d'agglo "Métropole Savoie", président de l'Etablissement Public Foncier Local de Savoie, membre du bureau de l'Association des Communautés de France, membre du Conseil National de l'Habitat, membre du comité directeur de l'Association nationale des élus de la montagne et d'une dizaine d'autres conseils d'administration. A Chambéry 100 % à gauche, on plaint sa malheureuse secrétaire qui va devoir trouver de la place sur son papier à en-tête pour rajouter son nouveau titre de président de l'Union sociale de l'habitat.

Si cette nouvelle élection de Repentin n'est pas une bonne nouvelle pour la démocratie, elle aura au moins le mérite de lui rendre le sourire. Il y a en effet quelques mois, le pauvre Repentin était tout déprimé et cumulait les échecs. Alors qu'il était parvenu à entrer dans le staf de campagne de Royal en 2007 et qu'il se voyait déjà ministre du logement, il lui avait fallu en rabattre avec l'échec du PS aux présidentielles. Quelques mois plus tard, se préparant à emménager dans le bureau du maire de Chambéry, il avait été trahi par Besson, qui, par sa démission surprise, avait donné sa succession à Laclais, un peu comme les seigneurs du Moyen Age remettaient un fief à leur vassal préféré. Du coup, il avait pensé que Besson le dédommagerait avec la présidence de Chambéry métropole, mais il avait fallu déchanter lorsque le vieux seigneur lui avait fait comprendre qu'à 70 ans passés, il estimait que la place était suffisamment bonne pour qu'il y poursuive sa retraite.

Désormais, les horizons de Repentin se sont bien dégagés : après avoir reçu en lot de consolation la présidence de Métropole Savoie, le voici désormais installé à la présidence de l'Union sociale de l'habitat. Le bon score de Royal aux élections du PS lui a surtout rendu le sourire, puisqu'il espère toujours obtenir le ministère du logement si Royal parvient à entrer à l'Elysée. Tout va décidément bien madame la marquise : si les licenciements et la misère ne cessent de se développer, les courtisans continuent à s'amuser et accumuler pouvoirs et richesses.