"Si vous me confiez la responsabilité de siéger au parlement, je laisserai mon mandat régional pour me consacrer à Chambéry et à sa circonscription". Par cette petite phrase, Laclais vient d'annoncer que si elle était élue députée, ce dont personne ne doute puisque sa circonscription lui a été taillée sur mesure, elle abandonnera son siège de conseillère régionale, mais restera maire de Chambéry. Les conséquences de cette décision sont claires : déjà très peu présente à Chambéry, où elle ne réside pas, Laclais y sera bientôt encore plus diffiicile à apercevoir puisqu'il lui faudra partager son temps entre Paris, Chambéry et son lieu de résidence.
Cette situation est d'autant plus scandaleuse que le parti socialiste s'était engagé à ne plus avoir de député-maire et en avait même fait l'un des thèmes majeurs de sa "rénovation". Le 1er octobre 2010, les militants du PS avaient ainsi adopté à une très forte majorité la fin du cumul du mandat, édictant qu'à chaque renouvellement de mandats, les élus socialistes devraient choisir entre les différentes fonctions qu'ils occupent. Cette règle interne devait être élargie à tous les élus, puisque le projet socialiste pour 2012, ratifié par les militants et adopté définitivement le 28 mai 2011, précise que "les parlementaires ne pourront cumuler leur mandat et leur fonction avec la responsabilité d'un exécutif local".
C'était visiblement sans compter sur des élus sans principe ni morale, dont Laclais est un exemple emblématique. Visiblement peu disposée à se contenter des 6000 euros que lui procurent ses indemnités de maire et de vice-présidente de Chambéry métropole, elle va ainsi pouvoir arrondir ses fins de mois avec un petit siège de député, qui lui permettra non seulement d'arriver au plafond d'indemnités de 8000 euros mensuels, mais lui assurera en prime une enveloppe d'un peu plus de 6000 euros pour ses menus frais et de très nombreux avantages en nature. On comprend que face à de tels avantages, le vote des militants et les engagements électoraux ne pèsent pas lourd, ce qui ne surprendra d'ailleurs pas grand monde puisqu'au PS comme à l'UMP, les promesses des élus n'engagent que les quelques gogos qui sont encore prêts à y croire.




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